Why is coffee becoming more expensive? What is really happening before it reaches your cup
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Vous reprenez votre sac habituel et son prix vous fait hésiter. Pourtant, c’est le même café, dans le même format. Qu’est-ce qui a changé?
La hausse du prix du café commence bien avant son arrivée en boutique. Des récoltes fragilisées par la météo, des frais de transport et un taux de change défavorable peuvent alourdir la facture. Ensuite viennent la torréfaction, l’emballage et la distribution.
Pour mesurer l’ampleur du mouvement, la FAO rapporte que les prix mondiaux du café ont augmenté de 38,8 % en moyenne en 2024 par rapport à 2023. Ce chiffre concerne le marché international, et non une hausse identique sur chaque sac vendu au Québec.
Source : FAO, mars 2025.
Mais le marché ne monte pas en ligne droite. Et c’est justement ce qui rend le prix affiché sur votre sac parfois difficile à comprendre.
Le café est un produit agricole qui s’échange sur un marché mondial. Pour comprendre les variations du prix du café, il faut distinguer trois éléments :
Lorsqu’une récolte déçoit, les acheteurs doivent se partager une quantité plus limitée de grains. La pression sur les prix peut alors augmenter.
Selon la FAO, la progression des prix en 2024 s’explique surtout par des conditions météorologiques défavorables dans plusieurs pays producteurs : sécheresse au Vietnam, pluies excessives en Indonésie et chaleur accompagnée de temps sec au Brésil.
Ces difficultés prennent une dimension mondiale parce que le Brésil et le Vietnam représentent, ensemble, près de la moitié de la production de café. Des récoltes perturbées dans ces deux pays peuvent donc se répercuter bien au-delà de leurs frontières.
Un caféier nouvellement planté met généralement de trois à quatre ans à produire ses premiers fruits. Il faut ensuite récolter les cerises de café, les transformer, sécher les grains et les préparer pour l’exportation.
Source : National Coffee Association.
Autrement dit, une hausse des prix ne permet pas de remplir immédiatement les entrepôts. C’est une différence importante avec un produit dont on pourrait simplement accélérer la fabrication.
Avant de devenir le café que vous moulez le matin, les grains passent par plusieurs étapes et plusieurs lieux. La route entre la ferme, les installations de transformation, le port et le torréfacteur fait partie de leur coût.
La FAO identifie d’ailleurs la hausse des frais de transport maritime parmi les facteurs ayant contribué à l’augmentation des prix mondiaux du café.
Cela explique aussi pourquoi « torréfié au Québec » ne signifie pas que le café échappe au marché international. Le travail de torréfaction peut être réalisé ici, avec un savoir-faire local, tandis que la matière première arrive d’un pays producteur.
Les grands indicateurs internationaux du café sont exprimés en dollars américains. Pour une entreprise qui achète dans cette devise, un dollar canadien plus faible peut augmenter le coût d’achat, même si le prix en dollars américains reste identique.
Prenons un exemple fictif : une facture de 1 000 $ US représente 1 300 $ CA avec un taux de 1,30, contre 1 400 $ CA avec un taux de 1,40. C’est 100 $ de plus pour le même achat, avant les autres frais.
Cet exemple illustre un mécanisme général des importations; il ne décrit pas les contrats d’achat d’un torréfacteur en particulier. Les travaux publiés par la Banque du Canada sur les taux de change et les prix de détail montrent comment les variations de change se transmettent aux coûts des produits importés.
Le prix du café vert, c’est-à-dire le grain avant torréfaction, n’est qu’une partie du prix final. À cette matière première s’ajoutent notamment :
La torréfaction transforme les grains verts et développe les arômes que l’on retrouve dans la tasse. Après cette étape, les grains sont refroidis, puis emballés pour la distribution.
Un prix international qui grimpe de 20 % ne signifie donc pas automatiquement qu’un sac devrait augmenter de 20 %. À l’inverse, une baisse du cours mondial ne fait pas disparaître les autres dépenses.
Le même raisonnement aide à comprendre le prix d’un latte au comptoir : en plus des grains, vous payez le lait, la préparation, le service et les coûts du commerce. Un sac de café et une boisson préparée ne se comparent pas directement.
Les nouvelles sur le marché du café peuvent sembler contradictoires. Un jour, on annonce que le café atteint des sommets. Quelques mois plus tard, on parle d’un recul. Pendant ce temps, votre sac reste au même prix.
Les baisses existent bel et bien. En septembre 2026, l’indicateur composite de l’Organisation internationale du café a diminué de 8,7 % par rapport à août. Ce recul mensuel ne signifie toutefois pas que tous les cafés coûtent 8,7 % moins cher à acheter ou à vendre. Il s’agit d’un indicateur mondial regroupant différentes catégories de café.
Source : OIC, rapport de septembre 2026.
Un exemple permet de comprendre le décalage : un torréfacteur peut encore utiliser du café acheté avant la baisse. Le coût de ses stocks reflète alors ses achats passés, plutôt que le cours annoncé aujourd’hui.
La FAO observe d’ailleurs une transmission progressive et partielle des variations internationales aux prix de détail dans ses analyses des marchés américain et européen. Ces résultats ne donnent pas un délai universel applicable au Canada, mais montrent pourquoi les deux prix n’évoluent pas nécessairement ensemble.
Source : FAO, Global coffee market and recent price developments.
Le prix du café en boutique peut donc rester stable pendant une baisse des cours, selon les stocks, les conditions d’achat et les autres dépenses. Cela ne permet pas, à lui seul, de conclure qu’une hausse ou qu’un maintien de prix est justifié dans tous les cas.
Pas automatiquement. Le prix de votre sac, le prix international et le revenu d’une ferme correspondent à des étapes différentes.
Pour comprendre ce qu’un producteur gagne réellement, il faut aussi regarder ses coûts et la quantité qu’il peut vendre. Dans un exemple hypothétique, un meilleur prix par kilo ne compenserait pas nécessairement une récolte fortement réduite.
Cette question des coûts de production reste centrale pour les organismes de commerce équitable. En juillet 2026, Fairtrade a annoncé une révision de ses prix minimums du café, applicable à partir du 1er décembre 2026, pour renforcer la protection des producteurs dans un marché volatil. Ce mécanisme concerne les ventes selon les conditions Fairtrade; il ne fixe pas le prix de tous les cafés.
Source : Fairtrade International.
Pour le consommateur, une information claire sur l’origine, le producteur et les conditions d’approvisionnement reste donc plus utile qu’une promesse vague associant prix élevé et meilleure rémunération.
Vous n’avez pas besoin de transformer votre routine en exercice de comptabilité. Pour mieux gérer votre budget café, voici trois habitudes utiles :
Ces petits ajustements permettent de mieux utiliser votre budget, sans renoncer au plaisir d’un bon café.
Un sac moins cher à l’unité n’est pas forcément plus économique. Pour comparer deux formats, ramenez leur prix à 100 g ou à 1 kg.
Calculez ensuite le prix du café par tasse selon votre consommation réelle (vous trouverez d'ailleurs un calculateur sur nos fiches de produit café). À titre d’exemple, un sac de 340 g vendu 20 $ revient à environ 1,06 $ de café pour une préparation utilisant 18 g. Ce calcul exclut le lait, les filtres, l’eau, l’électricité et l’équipement. Il sert simplement à comparer le coût des grains.
Un format plus gros peut être intéressant si vous le consommez régulièrement. Un petit format peut être préférable si vous alternez souvent entre plusieurs cafés.
Un café oublié près du four ou dans un contenant mal fermé peut perdre de son intérêt avant la fin du sac. La National Coffee Association recommande un contenant hermétique, idéalement opaque, placé dans un endroit frais et à l’abri de la lumière. Source : National Coffee Association.
Préparez aussi la quantité que vous comptez boire. Le fond de cafetière jeté chaque jour finit par représenter une partie du budget.
Un café plus cher n’est pas automatiquement celui que vous aimerez le plus. Si vous appréciez les profils chocolatés avec du lait, commencez par ce critère plutôt que par le prix ou la rareté du lot.
Chez Ma Caféine, nous pouvons vous aider à choisir selon votre méthode de préparation, vos goûts et votre budget. Un petit format permet aussi de découvrir un mélange avant de l’intégrer à votre routine.
Pourquoi le café augmente-t-il même lorsqu’il est torréfié au Québec?
La torréfaction locale fait partie du travail réalisé ici, mais les grains restent soumis aux conditions d’approvisionnement internationales. Le transport, les achats en devises et les dépenses locales peuvent tous entrer dans le prix final.
Le prix du café va-t-il continuer à augmenter?
Il peut monter ou baisser. Le recul observé par l’OIC en septembre 2026 rappelle que le marché du café fluctue. Les récoltes, les disponibilités et les conditions d’achat ne permettent pas de promettre une évolution identique pour tous les sacs.
Faut-il acheter de gros formats pour économiser?
Comparez d’abord le prix au kilo, puis la quantité que vous consommez. Une économie à l’achat est moins intéressante si une partie du café reste trop longtemps ouverte ou finit à la poubelle.
Le prix du café résulte d’un ensemble de décisions et de contraintes, depuis la récolte jusqu’à la boutique. Certaines varient rapidement, comme les cours mondiaux ou le taux de change. D’autres se reflètent plus lentement dans le prix du sac.
Comprendre ce parcours permet de mieux comparer les cafés et de poser les bonnes questions. Et pour votre prochaine tasse, le meilleur point de départ reste tout simple : un café que vous aimez, adapté à votre préparation et à votre budget.
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